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Une réaction courante devant les homophobes, est de les accuser d’être des homos refoulés. Au début, je voyais ces répliques comme des piques, mais avec le temps, à force de lire que untel, réactionnaire ou anti‑libéral ou passéiste, est un homo refoulé, ça finit par associer les homos à ce type d’individu, et c’est désagréable de voir cette image se déployer.

Pour cette raison, je crois que c’est mieux d’éviter de faire cette association.

Il y a une deuxième raison, qui est que je doute que ça réveil les homophobes. Ils / elles ne le prennent probablement pas comme un argument recevable, et au mieux, quand ils / elles lisent ça, ils / elles trouvent ça ridicule parce qu’ils / elles (*) sont à tord ou à raison, persuadé de ne pas l’être, et en fait, il est probable que beaucoup ne le soient pas.

Probablement peu le sont, parce qu’on sait que les homos sont en proportions constantes depuis toujours, de 6 à 10% de la population masculine selon les sources, et la moitié de ce taux de la population féminine, soit 3 à 6%.

Dans certaines régions du monde, l’homophobie atteint, pour être optimiste, peut‑être à vue de nez, 50 à 60% de la population. Il n’est pas crédible de croire que 50 à 60% de la population d’un pays soit des homos refoulés ; ce n’est pas crédible. Pire encore si l’homophobe est une femme … comment pourrait‑elle être un homo refoulé, ou un homme, une lesbienne refoulée ; quoique si vous demandez à environ n’importe quel homme, il vous dira que s’il avait été une femme, il aurait sûrement été lesbienne, mais ça c’est une autre histoire Grand sourire .

En fait, les homophobes sont homophobes, parce que la société est homophobe ; c’est tout.

Ça se démontre : pourquoi y‑a‑t‑il des homos refoulés (parce que je ne prétend pas qu’ils n’existent pas) ? Réponse : parce qu’il y a de l’homophobie. Sans homophobie, pas d’homos refoulés, parce qu’ils n’auraient rien à en refouler. CQFD, c’est l’homophobie de la société qui ferait des homos refoulés des homophobes, de toutes manières.

La même logique s’applique aux transexuel(le)s. Le terme est difficile à définir, mais disons qu’est accusé d’être trans’ (le mot est toujours utilisé péjorativement, contrairement au mot homo, qui n’est pas toujours utilisé péjorativement), toute personne, le plus souvent un homme, qui a des habitudes jugées féminines, qu’elles soient vestimentaires ou comportementales.

Même logique : les hoministes, équivalents masculins des féministes (je vais encore énerver du monde, mais je m’en bas les ovaires … heu, non, autre chose, mais je préfère pas me les battre, ça ferait trop mal Grand sourire ), n’utilise le mot « trans » comme une insulte, que parce que la société est sexiste.

Ça se démontre aussi : pourquoi parle‑t‑on de trans’ ? Réponse : parce que des choses qui n’ont pourtant rien à voir avec la biologie féminine ou masculine, sont arbitrairement et traditionnellement (et non‑pas religieusement comme parfois prétendu, la religion n’a rien à voir dans l’histoire, même si elle est utilisée comme prétexte), associé à un sexe. Ceci inclus, comme dit plus haut, principalement les vêtements, les comportements, les centres d’intérêt. Si la société n’était pas sexiste, il n’y aurait pas ce déterminisme traditionnel et non‑biologique / non‑naturel, et on ne parlerait même pas de trans’. En conclusion, les phallocrates ne sont pas des trans refoulés, parce que s’ils peuvent être qualifiés de trans’ refoulés, ce n’est que parce que la société est sexiste, sans quoi le concept n’existerait même pas.


(*) mes excuses pour les ils/elles lourd à lire, mais l’homophobie n’est pas le propre de l’homme avec un petit « h », et le français est pénible avec son absence de troisième personne neutre.
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