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Beau Parleur
Une remise en cause de Lévinas ( et son éthique) à travers un ouvrage dont vous retrouverez le résumé dans ce lien : http://psythere.free.fr/article.php?id_article=4 , par Daniel Sibony une des figures les plus étonnantes de la psychanalyse..
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Bavard impénitent
Bonjour Linko.
J'ai fait des études de philo, mais je ne comprends pas grand chose à cet article... Yeux au ciel avec le sourire
Si tu as envie, et le temps, peux-tu m'expliquer le fondement de cette critique?
Merci!
Bises!
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Premier Consul
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Article sans doute passionnant mais cruellement hermétique...
Il faut prendre le temps de lire et de comprendre un certain nombre de termes qui s'adressent visiblement à des initiés...
Si tu pouvais vulgariser le truc pour nous, Linko.... Clin d’œil
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Beau Parleur
Je vais essayer de faire simple en tentant de ne pas devenir simpliste ( ou simplet Hihihi! ) en m'appuyant sur des citations du résumé du livre et des exemples :

Citation : 
L’éthique "comme philosophie première" soutenue par Lévinas s’abîmerait de plus sur une impossibilité majeure : celle de la pratique, du droit, du politique. Faute de prendre en compte la dimension du symbolique, Lévinas s’enfermerait dans une éthique dont la radicalité n’a d’égal que le culte victimaire à outrance qui se dégagerait de ses textes... Piégage imaginaire ? Le travail de Sibony fournit une explicitation de ce qu’il appelle le "drame Lévinas", moyennant une prise en compte de l’histoire personnelle du philosophe, où la Shoah aussi bien que les démêlés avec le maître de la forêt noire, jouèrent un rôle déterminant.


Dans cette citation, il s'agit d'entendre que l'éthique sans la dimension symbolique ne repose plus sur aucun socle si ce n'est celui d'une dimension imaginaire éthérée.
Sur la notion du droit et de la politique, regarde ce qui c'est passé il y a peu entre Kouchner Ministre des affaires étrangères et Rama Yad aux affaires humanitaires, quelle hérésie justement d'avoir scindée l'éthique de sa pratique, une pratique qui subit donc les effets de la réalité des relations : ce qui est éthique dans un contexte donné peut ne pas être applicable dans une interaction précise.
Est-ce pour autant que l'éthique s'effondre ?
Est-ce des arrangements en duplicité avec cet effondrement ?
L'éthique est à l'épreuve des "actes de symbolisation" ( ce qui en est dans les faits) et de la portée symbolique ( le langage) l'un ne va pas sans l'autre, l'un doit s'en obliger de l'autre, sinon et comme le relève la citation c'est cette fois un effondrement de l'engagement dans une polarité toute imaginaire : plus rien ne peut être engagé ni se faire...
Une éthique "entête" et ici je pense au mot Bereshit qui fonde le début du texte monothéiste se plie au langage et donc à la dimension symbolique.

Citation : 
Sa philosophie du sujet comme " otage de l’Autre ", exhiberait sous cet angle l’aspect de symptôme, ne parvenant ni à échapper à l’incompressible culpabilité inhérente au survivant, ni à élaborer ses démêlés complexes avec la figure paternelle du philosophe allemand.


Regarde ce qui s'en dit dans le sujet sur le "bonheur", tu le prononces toi même : impossible d'être heureux puisque d'autres de le sont pas, comme si cela n'était pas éthique...( D'être heureux alors que d'autres de le sont pas..) et pourtant il s'agit ici moins d'éthique que de se présenter "otage de l'autre" relativement à une part de culpabilité.
Une culpabilité inhérente à quoi ?
La part d'angoisse existentielle qui nous revient en personne, en sujet que nous sommes, si elle est mise ( de bonne foi) en scenario avec cet autre du malheur, qu'en dire pour soi-même de ce bonheur, si ce n'est la figure d'un autre aliénant ?

Citation : 
L’hypostase de l’Autre et la christologie négative qui en émane achopperait sur un paradoxe narcissique de taille. L’ego lévinassien révélerait par la même l’extension sous-jacente de ses propres boursouflures, de sa revendication à l’être, mais sous le régime de la dénégation. Faute de penser l’Etre dans sa dynamique et dans son ouverture radicale, sa part maudite, morbide, ferait en quelque sorte retour comme le refoulé dans la promotion de la transcendance de l’Autre.


Ici il est question de l'avatar qui se déduit du commentaire précédant...

Citation : 
Penser l’Autre sans l’Etre ne permettrait pas de fournir une éthique recevable, mais bien plutôt offrirait des gages de possibilités à l’emprise, et aux liens fondés sur une économie perverse. Cette pensée élaborée à partir d’une réflexion centrale sur les figures polymorphes de l’abject ne saurait servir de sauf-conduit pour une éthique à la mesure de ses propres exigences. A suivre..


Toujours dans la déduction des raisonnements précédant alors oui cela peut confiner à découvrir une économie perverse et ici, tu l'as compris : l'éthique n'est plus.
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Beau Parleur
J'y reviens et y reviendrais par phase ( j'ai des mouflets un peu agités autour de moi : c'est mercredi Pffff… )

Oui donc cette vision de Sibony changerait bien des choses concernant l'éthique de Lévinas, révélant ici du pathologique ( psycho) là où était censé se prononcer de "l'essentiel", mais au-delà de cet aspect je crois que cela ré-interroge chacun sur son rapport à l'autre, depuis la philosophie qui cette fois est mise à la proposition ( autre) de la psychanalyse ( en l'occurrence Sibony qui est philosophe et psychanalyste et ("accessoirement" mathématicien) ).
Je peux tout de même rajouter que Sibony n'est pas connu pour être souple, ses prises de positions ne sont jamais in-fondées et parfois elles ébranlent des édifices, voir cette critique d'une pièce d'Attali, sur son blog :

http://danielsibony.typepad.fr/danielsi ... attal.html
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Bavard impénitent
Merci Linko de ces précisions que je n'ai lues que rapidement pour l'instant. Petit sourire
J'y reviendrai plus tard, pas le temps tout de suite.
Bises!
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Beau Parleur
Sarah a écrit : 
Merci Linko de ces précisions que je n'ai lues que rapidement pour l'instant. Petit sourire
J'y reviendrai plus tard, pas le temps tout de suite.
Bises!


Bien sur dans l'exemple que je donnais sur le "sujet du bonheur" je me référais à l'écrit de John, j'ai donc mal formulé...Je m'en excuse.
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L'éthique de Levinas est un peu coupée à la hache,à moins que la traduction laisse à désirer,car peut on traduire sans déduire?
Heu,je ne pensais pas à Linko.
césar
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Premier Consul
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Cesar a écrit : 
L'éthique de Levinas est un peu coupée à la hache,à moins que la traduction laisse à désirer,car peut on traduire sans déduire?
Heu,je ne pensais pas à Linko.
césar

Mais Levinas est un auteur francophone , non? Gné ?!
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Membre balbutiant
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Mea culpa.
Effectivement,j'ai fait une légère confusions entre les latins et les contemporains,
voici le fouet,10 coups,ça ne mérite pas plus..
Merci patron.
Cependant je réitère mon ignorance dans l'interprétation e ses dires.
césar
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