Le Mercosur et les problèmes que connait l’agriculture

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Une réaction spontanée en écoutant Hervé Morin, parler de comment le Mercosur est un totem, un symbole, du mal être des agriculteurs, qu’il décrit comme des chefs d’entreprises devant être compétitives.

Une exploitation agricole n’a pas à nécessairement être une entreprise et encore moins à devoir être « compétitive », une notion toxique de notre époque (je dis pourquoi après). Il n’y a même pas un siècle, les agriculteurs étaient des paysan‑nes, tout ou partie des récoltes étaient pour ieux et la famille qui y participait ou pas ou un peu, et une autre partie était éventuellement vendue au marché ou ailleurs. Une entreprise n’a pas besoin d’être « compétitive », cette notion est artificielle, créée pour donner un semblant de raison à une économie dénaturée : une entreprise, un artisanat, répond d’abord à un besoin et si la compétition est considérée comme inévitable, c’est qu’il y a un problème quelque part (parce que pas besoin de ça pour répondre à un besoin ou à un vœux essentiel). Il n’y a pas besoin d’être compétitif‑ve pour se construire une maison ou cultiver des légumes, mais « il faut » l’être dans un monde où on a plus le droit de le faire pour soi‑même ni le droit de le faire librement en association avec d’autres. De même que la notion de « résilience » qui n’est qu’un aveux de la violence de la société à laquelle ont participé tous les gouvernement depuis le début des années 1900 et encore plus depuis les années 1950, ce qui n’a été qu’en aggravant, parce que en considérant que les conditions toxiques qu’ils ont créé sont un environnement normal et qu’il faut s’y adapter. Non‑seulement le dumping social et environnemental que subissent les agriculteur‑ices est peut‑être un totem (je dirais plutôt un vrai problème de fond), mais en plus, ce n’est qu’un symptôme parmi beaucoup d’autres tout à fait similaires. Il ne faut pas seulement remédier aux problèmes que connaît l’agriculture, mais aussi remettre en cause le mode de vie qui a été imposé par l’état et que personne n’avait choisi, quand l’état a organisé délibérément l’exode rurale après la deuxième guerre mondiale ; pas seulement l’état français, mais aussi tous les états occidentaux et les autres qui les prennent pour modèle, pour le pire. On croyait qu’on était enfin dans un monde en paix sans guerres à répétition, on découvre avec Poutine, Xi‑Jinping et Trump, que ce n’est même pas le cas, mais en plus, on peut comprendre (trop lentement pour la plupart des gens), que l’orgueil impérialiste ou colonialiste, a été remplacé par un orgueil économique national. Avant, les gens, surtout une moitié de la population, étaient considérés comme de la chaire à canon à la disposition de l’état, maintenant, les gens, et plus seulement la moitié de la population, sont considérés par l’état comme des robots au service de l’orgueil nationale économique et tous les travers comportementaux et les maux psychologiques que ça a créé, et que l’état continue de maintenir (tous bords confondus). Pas seulement l’agriculture est à réhabiliter, c’est toute la société qui devrait l’être, et mettre en cause le mode de vie toxique et déraisonné que tous les gouvernements successifs ont participé à maintenir depuis bientôt un siècle.
L’interview de Hervé Morin (qui ne m’inspire pas confiance, je ne le crois pas vraiment convaincu et pas volontariste pour changer les choses), qui a inspiré cette réaction : Mercosur : C’est le totem de l’exaspération du traitement des agriculteurs» estime H. Morin — Europe 1 (youtube.com), 18 Janvier 2026.

L’interview d’une opposante à la FNSEA, le syndicat majoritaire mais accusé par beaucoup de gens du monde agricole : Fanny Métrat veut renverser l'agriculture industrielle — Complément d’Enquête (extrait) (youtube.com), 16 Janvier 2026. Le nom de son syndicat, à cette opposante, est « Confédération Paysanne », un nom bien évocateur, en espérant qu’il ne soit pas utilisé d’une manière usurpée. Elle explique pourquoi tant de gens dans le monde agricole critique la FNSEA alors que dans le même temps, beaucoup y sont adhérents, même si ça va peut‑être changé dans l’avenir : c’est parce que il y a 70 ans, la FNSEA était le seul syndicat agricole, c’était ça ou rien et ce syndicat bénéficie de beaucoup de connivences avec le monde politique, ce qui lui permet d’être plus influant que les autres. Par exemple, les gens qui ne sont pas à la FNSEA, sont pénalisés quand il s’agit d’acheter des terres, ce qui est un problème qui pourrait faire penser à de la corruption, à vérifier, en tout cas, peut‑être au moins de l’abus de pouvoir.

Le seul bémol dans son discours, est l’accent mis exclusivement sur l’élevage, alors que le végétarisme progresse dans la société et que ça n’est pas imposé par les politiques (qui ont plutôt tendance à défendre les comportements de prédation) et que c’est une bonne chose.

En marge, il semble que le traité Mercosur a malheureusement été signé par l’UE, récemment. Il aurait mieux valut que l’UE n’interdise pas les OGM (du moins pas par dogme ou pas aveuglément) mais dise non au Mercosur, mais c’est l’inverse qui a été fait.