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Il semble qu’il y ait eu des appels au boycott de la Georgie de la part de certains américains eux‑mêmes. Mais je ne sais pas si ce sera suivi.

Les oubliés de la peine de mort

Sinon, c’est l’occasion quand même de revenir sur un autre aspect, celui du caractère universel que devrait avoir l’opposition à la peine de mort, et celui du deux poids deux mesures qui a lieu avec lui.

Je me souviens m’être fait la remarqué quand l’Iranienne Sakineh a été condamné et les réactions que cela a produit partout dans le monde, tandis que le cas de son complice, condamné à la peine de mort lui aussi, n’émouvait personne et personne n’en parlait. La raison : Sakineh, est une femme, son complice son, et c’est moins vendeur.

Le journal Marianne aborde justement cette question, en parlant du cas d’un membre du Ku Klux Klan condamné à mort récemment pour une crime raciste et après avoir avoué fièrement revendiqué son meurtre.

La peine de mort n’est pas plus immorale avec les innocents qu’elle ne l’est avec les coupables, ne serait qu’à cause de ce paradoxe : comment interdire aux gens de régler leurs comptes avec des meurtres, si l’état lui même en fait autant ?

Que l’assassinat prémédité soit commis par l’état au nom de citoyens qui s’en dédouane ou par un membre du Ku Klux Klan, la question est la même.

Et le journal Marianne met en cause le deux poids deux mesures dans une phrase accablante :
Citation : 
Être potentiellement innocent, appartenir à une minorité ou être une femme, voilà les conditions pour bénéficier du soutien de l’opinion publique mondiale. Les autres peuvent griller sur la chaise électrique en silence.

Source : Ces condamnés à mort qu’on oublie (marianne2.fr)

La page parle d’indignation sélective, pour décrire ce phénomène.


En marge. Il doit y avoir une erreur quelque part dans des chiffres que j'ai donné avant, parce que cette même page dit
Citation : 
Dans le monde, 527 personnes ont été exécutées en 2010, 252 en Iran, 46 aux USA, 6 en Corée du Nord selon Amnesty International. En Chine, le bilan est plus difficile, l’ONG parle de « milliers » d’exécutions.

Ce chiffre d’environ 500 par an, est celui que avait été donné ailleurs pour le Texas seul.
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Je suis désolé de poster autant dans ce sujet, je termine quand-même avec ce message au moins, pour compléter le paysage. Éventuellement plus tard, il faudra parler de la question sous un angle plus universel.


Sur une article d’un journal Belge en ligne à propos du silence d'Obama, on apprend des choses sur le contexte culturel et les possibles évolutions à venir.

Pourquoi Obama n'a pas défendu Troy Davis (lesoir.be)

Sur le contexte culturel
Citation : 
lors d'un récent débat entre candidats républicains, en présentant Rick Perry, le favori de ces primaires, l'interviewer a signalé que depuis qu'il est gouverneur du Texas, 234 personnes ont été exécutées dans cet État… et le public a applaudi à tout rompre !


Sur le silence d’Obama
Citation : 
Sur le plan des principes, Obama n'est pas opposé à la peine capitale… Non, il n'a pas d'opposition de principe à la peine de mort. En fait, sur les questions culturelles ou sociétales, Obama est très « middle of the road », comme on dit en anglais.

fondamentalement, en ce moment, Obama n'a pas le « capital politique » nécessaire. Son taux de popularité est faible et il ne peut pas se permettre de dilapider ce maigre capital sur une question comme celle-là.


Sur la possible évolution à venir
Citation : 
Cela dit, avec des exceptions, les démocrates ont tendance à être moins favorables à la peine capitale que les républicains. Mais en dépit du drame de Troy Davis, il faut noter que la peine de mort est en recul aux États-Unis : de nombreux États ont instauré un moratoire ou ont décidé de l'abroger purement et simplement de leur arsenal législatif. (1)

(1) NDLR : en 2011, la peine de mort est toujours appliquée au niveau fédéral et dans 34 États sur 50.
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Un innocent vient d’échapper à la peine de mort. Un noir de Cleveland, aux États‑Unis, faussement accusé par un enfant de 12 ans manipulé par la police, a connu 39 années de prison dans l’attente d’être tué. Il est passé près de l’exécution et a été gracié tout juste hier, le 21 Novembre 2014.

Détails ici, dans un article d’un journal Suisse : Condamné à mort sur le mensonge d'un enfant (lematin.ch), 22 Novembre 2014.
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