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« Ici on noie les Algériens », c’est le titre d’un film, qui a repris l’expression de Lucien, un militaire français outré par ce qu’il a vu faire par les militaires français en Algérie, puis plus tard, par la police française à Paris en Octobre 1961.

Dans le reportage ci‑dessous, qui semble être un extrait du film, on entend un acteur qui lui prête sa voix, témoigner.

En Algérie à la fin des années 1950, il est témoins des exactions françaises contre la population civiles Algériennes. Je sais qu’il y a eu des horreurs des deux côtés, mais lui témoigne de ce qu’il a vu, et à Paris, il n’y eu horreur que d’un côté.

Il rentre en france, et veut publier les notes de son journal dans un livre. Il trouve un éditeur, mais le livre est censuré.

Un soir qu’il navigue avec son deux roues motorisé dans les rues de Paris, il croise un défilé d’Algérien, tous bien habillés, venus en famille, marchant tête haute et en silence, sans banderoles ni pancartes. Soudain la police déboule de quelque part et charge la foule, commence à matraquer, à jeter des objets lourds sur les manifestant(e)s. Des cars de police font des vas‑et‑vient en rotation rapide, enlève des mafiestant(e)s. Des Maghrébins tombent à la Seine, sans qu’on ne sache s’ils ont sauté pour échapper à leurs tortionnaires ou s’ils y ont été jeté ou les deux.

Le lendemain, les journaux témoignent à charge contre les manifestants : ils auraient tiré sur les policiers qui auraient riposté; ils auraient été contraints de manifester contre leur gré par le FLN qui les aurait manipulé.

Pour ce militaire ayant connu l’Algérie, c’est insupportable de violence et de mensonge. Il décide avec d’autres, d’organiser une manifestation le jour de la Tout‑Saint, le 1 premier Novembre suivant, « un Algérien pour un français » au coude‑à‑coude. Personne ne semble assez de volonté pour suivre l’initiative et ils ne sont que peu nombreux à manifester.

Dépité, le militaire décide alors avec d’autres, de tenter les actions qu’ils peuvent. Ils décident d’aller peindre de nuit, sur le muret d’une rive de la Seine, cette phrase : « Ici on noie les Algériens ».

La suite, dans ce petit film (je ne sais pas si c’est le film entier ou un extrait) :

Événements du 17 Octobre 1961; témoignage d’un soldat français


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Ce sujet peut être mis en rapport avec un autre, posté en Psychologie, où il était question d’expliquer que c’est pas l’âge qui rend certaines gens plus racistes que d’autres, mais leur génération : L’âge ne rend pas plus raciste ou conservateur.

Le racisme s’explique plus par les événements et la réaction aux événements que par l’âge. Les gens d’un certain âge, ont vécu des événements différents de ceux d’autres âges. Les événements de la guerre d’Algérie ainsi que d’autres en france, dont ceux de Paris sous Papon en Octobre 1961, on été justifiés par le pouvoir, à charge d’une partie de la population. Ce discours justifiant les exactions de l’état et de la police, n’a pas été accepté comme légitime par tout le monde, mais il a quand‑même été assimilé par beaucoup. C’est cette génération qui avait 15 ou 20 ans en 1961, qui a assimilé ce discours justifiant les exactions, que l’on retrouve maintenant, plus représentée que les autres dans les sondages trahissant une condamnation inconditionnelle et mécanique des « étrangers » Maghrébins.

Ces événements de 1961, ne sont pas de l’histoire passée, le pays est encore marqué de cette trace, en subit encore les conséquences, qui s’expriment toujours en politique, aux élections, et dans l’opinion populaire.
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