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Les Glaciers: Un étonnant moyen de dater
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  • Genre : Télétubbie
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Sam 10 Jan 2009 11:55
Message Les Glaciers: Un étonnant moyen de dater
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Les temps post glaciaires et le Petit âge glaciaire

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L’important réchauffement climatique qui s'est produit il y a environ 10 000 ans marque la fin du Tardiglaciaire et de la glaciation du Würm. Il correspond au début d'une nouvelle phase climatique (le Postglaciaire ou l'Holocène). Les glaciers ont alors considérablement fondu pour atteindre les dimensions que nous leur connaissons depuis l'époque moderne. Les nouvelles conditions climatiques ont, en outre, provoqué une importante élévation de la limite des forêts, la « timberline ». Durant les épisodes chauds, elle est alors située à une altitude supérieure de 200 m à la limite actuelle



Les optimums climatiques

Cette période correspond au début du Néolithique, mais aussi à une phase humide en Afrique, permettant le peuplement biologique et humain du Sahara.

De nombreux indices peuvent nous renseigner sur le climat qui régnait alors dans les Alpes, mais comment savoir quel était l’état des glaciers ? Les avancées glaciaires sont assez aisément repérables par les moraines. Il est plus difficile de savoir jusqu’où le glacier s’est retiré, les traces en étant détruites par l’avancée suivante. Il faut alors employer d’autres méthodes.

Les travaux de l’équipe du professeur Christian Schlüchter de l’Université de Berne apportent maintenant quelques éléments de réponse.

A la faveur de la décrue glaciaire des dernières décennies, on a découvert de nombreux débris de bois à proximité des fronts des glaciers, dans la marge proglaciaire immédiate, ainsi que des échantillons de tourbe, souvent coincés entre des galets ou des blocs isolés. En sédimentologie ce mode de dépôt, que l'on désigne par le terme d'imbrication, est un critère certain de transport par les eaux lors d'une crue glaciaire. Souvent arrondis par leur voyage dans l'eau, ces fragments mesurent quelques dizaines de décimètres. Ces découvertes revêtent une valeur scientifique de premier ordre. Ils signalent que des tourbières et des forêts ont prospéré autrefois à l'emplacement des glaciers, ce qui n'est possible que s'ils se sont une ou plusieurs fois retirés en amont. Les conclusions que l'on peut en tirer revêtent donc une importance capitale pour l'étude des fluctuations climatiques de l’Holocène.

Ainsi, pendant l’été 1991, un tronc d'arolle de 1,2 mètre de longueur, en excellent état de conservation, a été déposé près du portail du glacier de Stei, dans la région du Susten : de nos jours, la limite des arbres se situe cent mètres plus bas. La datation par la méthode du radiocarbone donne un âge de 4 920 +/- 60 ans. En Haute-Engadine, le glacier de Tschierva a fourni plusieurs échantillons de bois, datés au carbone 14 de plus de 5 000 ans. Des découvertes analogues ont été faites au glacier d’Aletsch ; à celui, voisin, de l’Unteraar, l’âge des morceaux de mélèze atteint parfois 9000 ans.

Dans la haute vallée de l’Arve, entre le village du Tour et l’alpage de Charamillon, une souche d’un mélèze découverte à 1500 m d’altitude, près des sources de l’Arve, accuse un âge de près de 7000 ans, époque où prospérait en ce lieu une forêt de mélèzes. Le comptage des cernes nous indique que cet arbre avait atteint 650 ans, confirmant ainsi l’existence de plusieurs centaines d’années de températures particulièrement douces.

On note un optimum climatique à l’âge de Bronze, vers 1200 av. J.-C. Un autre se situe au début de notre ère ; il est marqué par la conquête romaine des Alpes. En Valais, sur la marge proglaciaire du glacier de Ferpècle, tout comme en rive droite du glacier du Mont-Miné à 2330 m, des troncs atteignant jusqu’à 80 cm de diamètre ont pu être datés de 2500 ± 200 ans. D’autres ont été rejetés au front du glacier du Mont Miné au début de l’été 2006, vieux de quelque 3500 ans...

Si l’on réunit l’ensemble des résultats, sont mises en évidence pas moins de dix périodes pendant lesquelles les glaciers étaient moins étendus que maintenant.

Entre 2650 et 2000 avant aujourd'hui, les langues glaciaires s'arrêtaient à une altitude supérieure d'au moins trois cents mètres : cela correspond à l’optimum climatique romain. Mais la phase de retrait maximale aurait eu lieu à une période antérieure, entre 9000 et 6800 ans avant aujourd’hui, qui constituerait donc le pic de l’optimum climatique holocène, où de nombreux glaciers alpins avaient complètement disparu.

Comme on le voit, l’image traditionnelle d'une chaîne alpine fortement et continuellement englacée depuis la fin de la dernière glaciation est à relativiser. Le fait que la découverte des glaciers ait eu lieu au cours de la crue du Petit Age glaciaire, commencée vers 1600, a alimenté cette image des glaciers « naturellement » plus vastes qu’aujourd’hui. Mais, en réalité, les glaciers alpins ont été moins étendus que maintenant durant plus de la moitié de ces dix derniers millénaires !

Les troncs les plus récents correspondent à la dernière période chaude, l’optimum climatique médiéval, du ixe siècle au xiiie siècle. En Savoie, au glacier du Chardon, Robert Vivian † a découvert un tronc âgé d’environ 800 ans : « Contemporain de Saint-Louis, ce vieux tronc avait gardé après sciage tout son parfum. Sa conservation était parfaite », raconte le glaciologue. Les moraines argileuses dans lesquelles sont la plupart du temps enchâssés les troncs d’arbres constituent des milieux anaérobies remarquables où la décomposition est partiellement ou totalement stoppée.

C’est l’époque du peuplement du Groenland (et plus temporairement de la côte américaine, à Terre-Neuve) par les Vikings. C’est aussi, dans les Alpes, celle de la construction des hospices sur les grands cols comme celui des migrations des Walsers qui, de la Suisse orientale à la Haute Savoie, peuplent et défrichent les hautes vallées en franchissant des cols glaciaires élevés (col du Théodule, Monte Moro). Au xive siècle suit une première poussée glaciaire, notamment en Valais, où le glacier d’Aletsch montre une avance marquée. Puis commence le Petit Âge glaciaire.



La notion de «Petit âge glaciaire»

Du point de vue de l'histoire des glaciers, l'expression courante de Petit âge glaciaire (le Little lce Age ou Little ice-age des Anglo-Saxons) n'est pas très heureuse; elle ne correspond d'ailleurs plus aux connaissances les plus récentes.

Par Petit âge glaciaire, on entend généralement la période qui va de la fin du XVI è siècle jusqu'aux années 1850-1860, période caractérisée par une forte crue des glaciers alpins, avec quelques maxima autour de 1600, au cours du XVIIe siècle, vers 1820 et enfin dans les années 1850. Le terme « Petit âge glaciaire » désignerait la période d'extension maximale des glaciers à l'époque moderne.



En Europe, ce phénomène est accompagné d'une série de mauvaises récoltes, de famines et de plusieurs catastrophes naturelles, telles les vidanges de lacs glaciaires comme dans le Val de Bagnes qui détruit une partie de la ville de Martigny en 1595, ou du lac de Matmark dans la haute vallée de Sass. A cette époque, de tels événements ne préoccupent guère les hommes de sciences et ne sont mentionnées que dans les chroniques locales.



La fin du Petit âge glaciaire coïncide avec la phase de retrait général qui a suivi le maximum glaciaire au milieu du XIX è siècle (autour de 1850/1860) : tout le monde s'accorde sur ce point. Le début du Petit âge glaciaire est en revanche plus délicat à préciser: sur la base des plus récents travaux, on le fixe de manière assez vague pendant le « haut Moyen Age ».


Excellentissime article de Sylvain Coutrerrand expert en glaciologie Ça assure

On reconnaît que l'on devient vieux, lorsque l'intensité de ses douleurs dépasse celle de ses plaisirs...

Donc, je suis à la recherche d'un maximum de plaisirs :)
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Sam 13 Aoû 2011 15:15
Message Re: Les Glaciers: Un étonnant moyen de dater
Eh bien, alors il y en a eu un autre aussi avant qui postait des articles entiers sans donner la source ? Yeux au ciel avec le sourire

La voici : Le petit âge glaciaire (www.glaciers-climat.com)

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Hibou57

« La perversion de la cité commence par la fraude des mots » [Platon]
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