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Administrateur
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Une introduction sous forme de marronnier, au moins dans le contexte de ce forum où ce n’est pas la première fois que la remarque est faite.
Quand on oppose science et religion, et quand on associe science à connaissance, on a des chances de faire une erreur dans les deux cas, pour plusieurs raisons, mais en ce qui concerne ce sujet, pour les deux suivantes. Quand on oppose science et religion, on le fait au motif de la croyance fondée vs la croyance arbitraire ou aveugle. C’est oublier la possibilité d’une croyance aveugle en la science, parce que rien n’exclue que la croyance aveugle ne s’applique pas aux sciences. Quand on associe science et connaissance, on le fait en supposant que les démarches des sciences sont connus de tout le monde. C’est oublier qu’il est facile de faire une référence à une connaissance, sans appliquer cette référence correctement. L’existence des pseudo‑sciences le montre. Et il existe justement une croyance, qui prétend que les sciences sont déterministes par nature et que leur but est de prévoir les choses avec certitude. Je suis tenté de donner dès maintenant, une citation pour illustrer cette croyance, mais je vais laisser la discussion aller dans un premier temps, sans intervenir. Ça ne va pas être du luxe que d’exposer les croyances sur la question. Si vous pensez que les sciences sont déterministes par nature, dites pourquoi, et donner des exemples. Si vous pensez que les sciences ne sont pas déterministes par nature, dites pourquoi, et donner aussi des exemples. Oilà ![]() |
Compte gelé
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Salut, chose promise, chose ... dure. Mais dans un premier temps, je n'envisage même pas de répondre à la question de Hibou, à savoir la Science est-elle déterministe. D'ailleurs, la vraie question est plutôt de savoir si le Monde, lui, est déterminé. Je vais donc me contenter de donner mon avis sur les deux points importants que sont le déterminisme et le Principe de causalité.
Oser donner son opinion sur cette question peut sembler très prétentieux. Tant de grands philosophes l'ont étudié que prétendre ajouter quoi que ce soit à la somme des fruits de leur travail relèverait carrément du crétinisme absolu. Mais sur La Bulle, pas vrai, tout est permis. Donc je me lance. Prenez cela comme un exposé de philosophie traité par un candidat au bac 2011, c'est à dire pour ce que ça vaut (rien). ![]() Mais je vais rester dans le cadre de la physique, car la question du déterminisme touche aussi, la biologie, les sciences sociales (tiens, tiens), la psychologie, la psychiatrie, l'économie et j'en oublie. En fait elle est partout. En restant donc dans le domaine de la physique classique, c'est la réflexion de Laplace qui traduit le mieux la promesse faite aux physiciens d'un espoir de réussite dans leurs travaux : Citation : Une Intelligence qui, à un moment donné connaîtrait toutes les forces qui règnent dans l' Univers et qui saurait également l'état de toutes les particules qui forment cet univers, embrasserait en une seule formule les mouvements des plus grands corps et ceux du plus petit des atomes. Pour cette intelligence, le présent serait la conséquence logique du passé et l'avenir celle du présent. Elle pourrait connaître l'état de l'Univers à tout instant. Si à ceci on ajoute la notion de causalité, on obtient le schéma qui a toujours mené la science de ses premiers balbutiements au savoir qu'on a aujourd'hui. Pour rappel, la causalité est le principe selon lequel dans un système, rien ne peut changer sans raison. Que la raison soit extérieure ou interne au système ne change rien à l'affaire : il faut qu'il se soit passé quelque chose pour expliquer que ce qui était, n'est plus. C'est clair, net et précis. Il s'ensuit que le déterminisme est l'enfant de la causalité. Si l'on s' intéresse un peu plus à cette causalité, (cause de mes soucis actuels), il faut remonter très loin dans l' antiquité. A Aristote en particulier. Pour ce dernier (je résume) tout est mobile sauf.... Dieu qui est en quelque sorte le summum de l'état final à savoir le repos. (Y a longtemps qu'on a compris cela en Corse). Ainsi tout est mouvement, et tout tend vers le repos (étrange de retrouver ici le principe d'entropie) . Mais ce mouvement n'est pas universel, il dépend de la nature des corps. On connaît les éléments qui forment l'Univers selon Aristote, et une pierre par exemple a pour finalité de descendre (de tomber) et quand elle dévale le flan d'une montagne, elle ne fait que ce qui était "déterminé" pour elle, à savoir se placer au plus profond des choses. L'eau, le feu ont d'autres destins tout aussi déterminés. Ce qui peut mouvoir un objet selon Aristote, c'est un moteur, (aujourd'hui, nous dirions une force), et ce moteur lui même est mû, par un autre moteur. On voit là se dessiner le devenir de la Science. A la limite, il existe un cas où un moteur agit, alors qu'il est lui-même immobile. Et ce moteur ultime source de tout mouvement dans l'Univers, c'est bien évidemment Dieu. Je me répète : on voit là se dessiner le devenir de l' Eglise Romaine. Bref, déterminisme et causalité vont de pair et dans leur cheminement ont conduits la Science de ses débuts pleins d'enthousiasmes (et de bûchers) à la Science d'aujourd'hui pleine de tristesse (et de Prix Nobel) mais, qu'on le veuille ou non, il faut bien l'admettre : à ses réussites. Et tout était parfait dans le meilleur des mondes possibles, quand les premières difficultés sont apparues. Et parmi elles, la principale : la Mécanique Quantique. Car cette empêcheuse de déterminer en rond ![]() |
Administrateur
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Voir aussi : Découvertes et théories : entre prudence et impatience.
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