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Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
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Mar 20 Déc 2011 01:16
Message Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
Note de l’administration. Le contexte initial du premier message de ce sujet, était à l’origine, après le troisième message du sujet Protections contre la copie, DRM et alternatives. Le sujet a été divisé à partir de ce message.


Ce qui me choque, c'est l'idée même de monnayer le savoir, ou l'art.

Pour ce qui est de ce que l'on appelle "musique" aujourd'hui, je ne saurais que dire, encore que pirater tel ou tel groupe de rockeur ou de rapeur, tous plus ou moins en guerre contre le système actuel, devrait à mes yeux être pour eux la preuve que leurs vociférations ont trouvé oreille attentive et les combler de bonheur. Yeux au ciel avec le sourire

Et pour ce qui est des logiciels, alors ce n'est plus le savoir que l'on monnaye, mais l'outil. Et tout comme le savoir, l'outil se doit d'être mis entre toutes les mains.

Quand j'étais chez Apple, j'allais en maintenance système dans quelques "grands comptes" éditeurs et imprimeurs. L'un d'eux avait entre 800 et 1000 Mac, tous équipés au minimum en Quark et Adobe.

Pour info : Adobe Creative suite : 2300 €; Quark XPress : 1500 €.

Soit 3800€ par Mac de logiciel soit plus de 3 000 000 d'euros de logiciel et cela dans un seul immeuble de 9 étages à Paris. Et ce n'était pas une boite d'édition de toute première importance.

Et inutile de chercher à savoir combien de XPress et de Creative Suite ont été vendus dans le monde. Des heures de recherche sur Internet ne m'ont rien appris. Je ne risquerais pas à extrapoler, mais 800 dans un seul immeuble Parisien ça doit faire au moins 10 000 fois plus dans le monde. Soit encore et je dois être loin du compte 30 milliards d'Euros.

Combien, déjà, le déficit Français ? Et combien de personnel chez Quark ?

Cela étant, je te rejoins pour ce qui est des "petits" producteurs de logiciels. Et souvent même après les avoir "déplombés" il m'est arrivé de m'acquiter du montant du shareware demandé quand le logiciel me plaisait beaucoup. Enfin "souvent" ? Disons une bonne dizaine de fois. Et puis une cinquante d'euros c'est tout de même très honnête, pour ne pas dire donné, quand on voit comment c'est écrit.

Et tiens, tu trouves des couilles dans ton texte ? Flûte j'ai oublié le Q, Encore une coquille Pété de rire

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Mer 28 Déc 2011 08:13
Message Re: Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
harratch a écrit : 
Pour ce qui est de ce que l'on appelle "musique" aujourd'hui, je ne saurais que dire, encore que pirater tel ou tel groupe de rockeur ou de rapeur, tous plus ou moins en guerre contre le système actuel, devrait à mes yeux être pour eux la preuve que leurs vociférations ont trouvé oreille attentive et les combler de bonheur. Yeux au ciel avec le sourire

Tu rejoins ici, quelqu'un sur un autre forum, où j’avais ouvert un sujet similaire. Il disait ceci :
Grunt, sur un autre forum a écrit : 
c'est bizarre que quand des lois, des directives, des traités internationaux, concernent à la fois le numérique et la culture, on se retrouve avec des geeks qui s'informent, regardent les débats politiques, diffusent de l'information, publient des analyses, et du côté des artistes quasiment rien. Silence radio. Je les soupçonne franchement d'adopter la politique de l'autruche, surtout en ce qui concerne les artistes qui se prétendent engagés: que les bêtes à manger du foin qui deviennent des stars éphémères ne se posent pas de questions, ok. Que les artistes qui écrivent des textes sur tout ce qui les indigne n'aient pas un mot au sujet des lois liberticides qu'on passe en leur nom, ça m'énerve. Ça donne envie de leur foutre un micro sous le nez et qu'ils s'expriment sur le sujet.

« Prends ça dans les dents » qu’il leur dit.

Bien vu vous deux. Il y a en effet un paradoxe ici.

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Lun 9 Jan 2012 01:15
Message Re: Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
Je tiens d'abord à ajouter une précision au sujet de la gratuité : le téléchargement illégal et la gratuité sont deux choses bien différentes, la "philosophie" de fond n'est pas la même car la gratuité suppose d'être librement consentie alors que le téléchargement illégal ne l'est pas (il n'est pas inutile de le préciser).

Des artistes qui offrent leurs oeuvres "par principe", il y en a. Je crois même qu'ils sont bien plus nombreux qu'on ne pourrait le croire. Et quelques artistes "installés" se sont également ouvertement prononcés sur le fait que le téléchargement ne les dérangeait pas. Les artistes "rebelles" liés par contrat aux grands groupes de diffusion, ne peuvent pas dire grand chose, eux, c'est évident, mais le fait qu'ils aient signés le contrat en dit déjà long sur leur façon d'être "rebelles". J'ai d'ailleurs dans l'idée que ce sont ces "artistes" là qui sont le plus prisés des téléchargeurs "rebelles" mais je n'en sais rien en fait.

Alors d'un côté on a les téléchargeurs dont la plus grande partie, j'imagine, ne revendique rien, elle a juste la possibilité d'avoir des films et de la musique sans payer et ne s'en prive pas. On en pense ce qu'on veut, moi, personnellement que le téléchargement illégal de films comme "avatar" (
Citation : 
Avatar a amassé 1,859 milliard de dollars [...] Avatar a coûté 500 millions de dollars à ses producteurs : 300 millions pour réaliser le film et 200 pour le promouvoir
) induise un manque à gagner même de cent (petits) millions de dollars à ses propriétaires ne va pas me faire pleurer.( l'exemple est facile, je sais Petit sourire )

Ceux qui me font bien rire, j'en connais quelques uns en particulier et mon petit doigt me dit qu'ils sont très nombreux (mais mon petit doigt peut très bien se tromper) sont ceux qui revendiquent ça comme une manière de lutter contre le système, avec des arguments qu'ils ont également téléchargés sur internet d'ailleurs, pour finir bien souvent sur "ils n'ont qu'à faire la licence globale". Mon avis, c'est que la licence globale elle existe déjà, ça s'appelle une bibliothèque ou une médiathèque, mais plutôt que d'encourager cette mutualisation réelle et d'utiliser toute cette énergie pour faire pression sur les élus pour qu'ils augmentent les crédits, ils militent pour une mutualisation marchande dont la cotisation tombera directement dans la poche des grands groupes. Au bout du compte que téléchargent t-ils ? du divertissement uniquement, autrement dit ils avalent tout ce que les méchantes multinationales leur donnent à gober. Ceci dit je n'ai rien de particulier contre le divertissement mais certains y gagneraient à se taire, d'autant plus que, pour ceux que je connais, tant qu'ils pourront faire autrement, ils ne la paieront pas cette licence.

De l'autre côté, les grands groupes et les auteurs.

Ce qui me turlupine, c'est si on transpose le probléme. Par exemple j'achéte une carotte et, comme je suis un scientifique de génie, j'ai trouvé un moyen de la dupliquer à l'infini, façon clonage. Techniquement, il s'agit de la même carotte que je vais remanger jours après jours en ne l'ayant payée qu'une fois. Faut-il protéger les carottes contre la copie ?

La question qui se pose est : si on trouve un moyen de rendre un produit disponible à l'infini, à coût quasi nul, faut-il obliger quand même les gens à le payer au prix fort et pour cela mobiliser les ressources communes pour légiférer et contraindre et en plus altérer les propriétés de la carotte, d'une façon qui gêne le gourmet, pour la rendre incopiable ?

C'est bien le problème que pose le numérique, mais ça ne concerne , à mon sens, que le support, pas le contenu et je crois que les plus menacés sont les fournisseurs de contenus, pas leur créateurs. Après tout pour eux, il s'agit seulement de s'adapter, pour ceux qui veulent rentrer sur le secteur marchand, à un nouveau modèle économique. Pour se protéger, ils peuvent tout aussi bien se mutualiser et créer eux même leur propre Hadopi. Les gens qui téléchargent illégalement sont des gens lambda qui, en cherchant, trouvent ce qu'ils cherchent, rien ne les empêcherai de recruter eux aussi des gens lambda, au sein d'une entreprise commune, et qui feraient la même chose. La différence c'est qu'ils pourraient proposer leurs oeuvres à la hauteur du droit d'auteur actuel (ou de la marge voulue pour les films par exemple) ce qui ne serait pas négligeable pour l'acheteur en fin de course. Protéger le fichier contre la copie c'est une fausse route à mon avis, des petits malins trouveront toujours un moyen de contourner un système de protection et de copier quand même. Déjà à l'époque des débuts de l'Amiga c'était d'actualité...

Après on va me dire que les fournisseurs de contenu ne font pas que ça. Non effectivement, ils nous inondent aussi de pub (y a qu'à voir le budget com cité plus haut) et décident à notre place quel "artiste" est digne d’intérêt ou pas, ou quel film on veut voir ou pas, quelle fin est la mieux pour nous. Et, quelque part, ils le font à la place des "artistes" aussi. J'ai le sentiment que ce secteur fonctionne à l'envers : l'artiste, qui devrait être le client, devient le fournisseur (un peu comme les banques, on leur fournit leur matière première, mais on est considéré comme client). Les fournisseurs de contenu, en fait, ne devraient être que des prestataires de services pour l'auteur, avec facturation.

Pour la musique, voici un article de David Byrne, sur comment peut faire un artiste pour vivre de sa musique (en anglais), à un moment il dit que c'est surtout sur les droits d'utilisation dans les pubs, les films, etc... que le musicien doit faire attention, c'est son plan de retraite.

http://www.wired.com/entertainment/musi ... ntPage=all

Bon je dois pas mal être hors sujet en fin de compte.
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Ven 13 Jan 2012 11:53
Message Re: Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
Je voulais attendre que quelqu’un d’autre réagisse, pour ne pas être seul à répondre, mais comme personne ne vient, alors tant‑pis, je répond.

Nucua a écrit : 
Je tiens d'abord à ajouter une précision au sujet de la gratuité : le téléchargement illégal et la gratuité sont deux choses bien différentes, la "philosophie" de fond n'est pas la même car la gratuité suppose d'être librement consentie alors que le téléchargement illégal ne l'est pas (il n'est pas inutile de le préciser).

Oui, mais comme en politique, les discours peuvent avancer des pions masqués, et une confusion peut‑être volontairement entretenu entre les deux. Par exemple, Richard Stallman, qui lui même prétend faire une distinction entre les deux, refuse de condamner le piratage.

Nucua a écrit : 
Des artistes qui offrent leurs oeuvres "par principe", il y en a. Je crois même qu'ils sont bien plus nombreux qu'on ne pourrait le croire.

Oui, certains le font, mais sont‑ils strictement tous libres de leur choix ? De la même manière qu’une personne acceptant un mauvais travail sous‑payé, peut le faire parce qu’elle n’a pas le choix, on peut imaginer que des gens distribuant gratuitement le font sous une forme de contrainte, parce que qui ne diffuse pas gratuitement, devient invisible.

Quand tu dis « bien plus nombreux qu'on ne pourrait le croire », tu as des estimations ou c’est seulement une manière de parler ?

Nucua a écrit : 
Alors d'un côté on a les téléchargeurs dont la plus grande partie, j'imagine, ne revendique rien, elle a juste la possibilité d'avoir des films et de la musique sans payer et ne s'en prive pas.

C’est un des reproches qui peut leur être fait, oui, qu’ils agissent seulement par opportunisme et pas par esprit révolutionnaire.

Nucua a écrit : 
On en pense ce qu'on veut, moi, personnellement que le téléchargement illégal de films comme "avatar" (Avatar a amassé 1,859 milliard de dollars [...] Avatar a coûté 500 millions de dollars à ses producteurs : 300 millions pour réaliser le film et 200 pour le promouvoir) induise un manque à gagner même de cent (petits) millions de dollars à ses propriétaires ne va pas me faire pleurer.( l'exemple est facile, je sais Petit sourire )

Oui, l’exemple est facile, mais surtout, il n’est que peu représentatif.

Nucua a écrit : 
Ceux qui me font bien rire, j'en connais quelques uns en particulier et mon petit doigt me dit qu'ils sont très nombreux (mais mon petit doigt peut très bien se tromper) sont ceux qui revendiquent ça comme une manière de lutter contre le système, avec des arguments qu'ils ont également téléchargés sur internet d'ailleurs, pour finir bien souvent sur "ils n'ont qu'à faire la licence globale".

Oui, c’est une autre manière de poser la question opportunisme vs révolution.

Nucua a écrit : 
Mon avis, c'est que la licence globale elle existe déjà, ça s'appelle une bibliothèque ou une médiathèque, mais plutôt que d'encourager cette mutualisation réelle et d'utiliser toute cette énergie pour faire pression sur les élus pour qu'ils augmentent les crédits, ils militent pour une mutualisation marchande dont la cotisation tombera directement dans la poche des grands groupes.

Concernant les bibliothèques, je ne connais pas les suites qu’il y a eu, mais je sais que courant 1995 environ, il avait été proposé une loi, qui devait obliger les bibliothèques à payer une taxe, forme de contribution au léger déclin supposé des ventes de livres auquel contribuaient les bibliothèques. Je n’ai pas de source permettant de savoir si c’était justifié ou non, si la précarité économique des auteurs et éditeurs était vraiment due aux bibliothèques ou non, pas plus que je ne sais si cette loi est vraiment passé ou pas, mais c’est juste pour dire que oui, il y avait bien quelque chose qui ressemblait de loin à la licence globale avec les bibliothèques ou que aux moins la question s’est posé.

L’autre chose, certaine cette fois, qui est comparable à une licence globale dans une bibliothèque, c’est le prix de l’abonnement. Je crois deviner que c’est à ça que tu pensais. C’était bien à ça ? Si c’est bien ça, alors ça n’est pourtant pas comparable, parce que cet abonnement n’est pas imposé à tout le monde. On peut choisir ou pas d’être adhérent, et plus formellement, c’est un abonnement forfaitaire. L’idée de licence globale est différente. Et je ne suis pas sûr que l’on ait déjà connu quelque chose de comparable, sauf peut‑être avec les services publiques financés par tout le monde (si la TVA fait partie de ces financements, comme je le suppose), comme l’école.

Personnellement, le problème que je vois avec la licence globale, c’est qu’elle impose une forme de consommation à tout le monde, et ne laisse pas les gens libres de ce qu’ils consommeront et ne consommeront pas.

Nucua a écrit : 
Au bout du compte que téléchargent t-ils ? du divertissement uniquement, autrement dit ils avalent tout ce que les méchantes multinationales leur donnent à gober. Ceci dit je n'ai rien de particulier contre le divertissement mais certains y gagneraient à se taire, d'autant plus que, pour ceux que je connais, tant qu'ils pourront faire autrement, ils ne la paieront pas cette licence.

Oui, et il y a une manière flagrante de relever un paradoxe. Si on prend la caricature du pirate qui dit « je ne veux pas payer pour ça, c’est que de la merde », alors si c’est « rien que de la merde », pourquoi persiste t‑il à vouloir l’obtenir ?

Je répond à la suite du message dans un message suivant un peu plus tard, pour séparer, parce que tu aborde un thème différent de la question dans la suite de ta réponse.

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Message Re: Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
Quand à moi, je ne me sens pas concerné quand il s'agit de piratage de vidéos ou de musique. Pas par souci d'équité, rassurez-vous, mais simplement parce que cela ne m' intéresse vraiment pas. J'achète toujours mes CDs audio. Quant à la vidéo, je n'ai pas même sur les ordis les logiciels ou plug-in pour les faire tourner. (à part VLC).

Mais le challenge qu'offre le déplombage, lui, me tente toujours, par jeu, bien sûr.

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Ven 13 Jan 2012 13:19
Message Re: Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
harratch a écrit : 
Mais le challenge qu'offre le déplombage, lui, me tente toujours, par jeu, bien sûr.

Eh bien ne te prive pas de ce plaisir Hihihi! parce que si je ne me trompe pas, tant que ça reste privé, c’est légal.

L’occasion de préciser un terme. Le mot « piratage », ici, fait référence à l’acte de diffuser une chose ou permettre l’utilisation d’une chose, contre le contrat défini par les droits d’auteurs ou la licence accordée.

Il existe effectivement un piratage ludique, comme celui dont tu parle, mais c’est une autre histoire Tire la langue (pas pour moi en tous cas, j’ai pas le niveau pour ça, déjà que je suis pas un pro pour jouer à Solitaire…)

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Sam 14 Jan 2012 09:39
Message Re: Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
Suite…

Nucua a écrit : 
Ce qui me turlupine, c'est si on transpose le probléme. Par exemple j'achéte une carotte et, comme je suis un scientifique de génie, j'ai trouvé un moyen de la dupliquer à l'infini, façon clonage. Techniquement, il s'agit de la même carotte que je vais remanger jours après jours en ne l'ayant payée qu'une fois. Faut-il protéger les carottes contre la copie ?

Oui, si on veut que les agriculteurs continuent à avoir des droits. Parce que les revenus des agriculteurs ne leur servent pas qu’à acheter des carottes. Ils auront éventuellement beaucoup de carottes, mais plus de logement.

Nucua a écrit : 
La question qui se pose est : si on trouve un moyen de rendre un produit disponible à l'infini, à coût quasi nul, faut-il obliger quand même les gens à le payer au prix fort et pour cela mobiliser les ressources communes pour légiférer et contraindre et en plus altérer les propriétés de la carotte, d'une façon qui gêne le gourmet, pour la rendre incopiable ?

Oui, et tu devrais bien voir pourquoi. Ce sera nécessaire temps que les droits des gens seront indexés sur la nécessaire quantité de travail pour faire une chose ou sur sa nécessaire rareté pour en faire reconnaitre une valeur qui pourra être échangée contre d’autres valeurs, comme « carottes contre huile à salade ».

Il y a bien un autre moyen, celui de tenir compte de la modernisation et de ses effets dans l’organisation sociale. Mais cela, personne n’en veut, et même pas les partisans du téléchargement gratuit… parce qu’ils sont partisans du téléchargement gratuit, principalement par opportunisme, et non pas par réflexion (alors il ne faut pas s’étonner qu’ils ne la poussent pas trop loin).

Voir, une fois encore, la question du revenu universel. Puis pour le compléter, j’ouvrirai un autre topic bientôt, mais pas avant d’avoir vérifié des petites choses.

Nucua a écrit : 
C'est bien le problème que pose le numérique, mais ça ne concerne , à mon sens, que le support, pas le contenu et je crois que les plus menacés sont les fournisseurs de contenus, pas leur créateurs.

Oui, les fournisseurs de contenu sont plus menacés que les auteurs, mais les auteurs sont menacés quand même, et ils le sont mêmes plus que les fournisseurs de contenu, dans l’absolu.

Le fournisseur de contenu (éditeurs, maisons de distribution, et peut‑être Virgin, FNAC, etc aussi), est plus menacé, parce qu’il rafle plus que les auteurs. Mais si les auteurs sont relativement moins menacés, c’est parce qu’ils ont droit à moins. Et justement, comme ils sont droit à moins, ils sont les plus précaires. En proportions, ils sont moins menacés, mais dans l’absolu, ils sont les plus menacés.

De toutes manières, si ce qu’ils reçoivent passe par les distributeurs, si les distributeurs perdent quelque chose, les auteurs perdent quelque chose aussi, parce que les distributeurs, ne vont pas prendre moins juste pour que les auteurs aient toujours pareil. Ça ne se passe pas comme ça.

Nucua a écrit : 
Après tout pour eux, il s'agit seulement de s'adapter, pour ceux qui veulent rentrer sur le secteur marchand, à un nouveau modèle économique. Pour se protéger, ils peuvent tout aussi bien se mutualiser et créer eux même leur propre Hadopi.

C’est drôle, je pensais à la même chose aussi hier. Mais le problème que j’y ai vu, c’est que ça demanderait un travail de dingue à des gens de poursuivre leurs œuvres, et en plus, de passer du temps à créer un système de protection, sans parler d’apprendre tous les pré‑requis que cela nécessite.

Nucua a écrit : 
Les gens qui téléchargent illégalement sont des gens lambda qui, en cherchant, trouvent ce qu'ils cherchent, rien ne les empêcherai de recruter eux aussi des gens lambda, au sein d'une entreprise commune, et qui feraient la même chose.

Ça ferait augmenter les prix et il y aurait de la corruption chez les personnes qui contrôleraient, c’est sûr.

Nucua a écrit : 
La différence c'est qu'ils pourraient proposer leurs oeuvres à la hauteur du droit d'auteur actuel (ou de la marge voulue pour les films par exemple) ce qui ne serait pas négligeable pour l'acheteur en fin de course. Protéger le fichier contre la copie c'est une fausse route à mon avis, des petits malins trouveront toujours un moyen de contourner un système de protection et de copier quand même. Déjà à l'époque des débuts de l'Amiga c'était d'actualité...

La protection de la copie a toujours existé en fait, même si on ne s’en rendait pas compte. La distribution d’un livre sur papier, était une forme de protection contre la copie implicite (elle ne l’empêchait pas, mais la limitait beaucoup). Parce que quand on achetait un livre papier, le prix que l’on payait, ça n’était pas le prix du papier, évidement, mais le prix du contenu, déjà. C’est donc depuis toujours qu’on paie une œuvre au prix de son contenu. Et donc l’argument de ne payer les œuvres qu’au prix de leur support au motif que c’est Internet, numérique, etc, ne tiens pas, ou alors il est juste opportuniste.

Concernant la perte de temps à concevoir des systèmes de anti‑copie. Cette perte de temps sera faite quand‑même, parce que c’est pour l’instant le seul moyen. Si un auteur est copié et que tu lui dis que ça ne sert à rien de protéger contre la copie parce qu’il faudra tout le temps inventer des nouvelles protections, il va te répondre « Je fais quoi alors ? Je laisse copier ? Je laisse couler ? »

Nucua a écrit : 
Après on va me dire que les fournisseurs de contenu ne font pas que ça. Non effectivement, ils nous inondent aussi de pub (y a qu'à voir le budget com cité plus haut) et décident à notre place quel "artiste" est digne d’intérêt ou pas, ou quel film on veut voir ou pas, quelle fin est la mieux pour nous.

Ce ne sont pas que eux, ce sont les gens aussi. La publicité ne dirige pas les gens comme ça, il y a toujours des possibilités de flop, et il y en a eu. Ce sont aussi les gens qui boudent ou pas tel type d’œuvre ou tel auteur. Si certains auteurs sont inconnus et d’autres super‑connus, c’est parce que tout le monde suit tout le monde, pour se mettre au moins à la même hauteur que tout le monde et au dessus de ceux qui n’ont pas ou ont moins.

Nucua a écrit : 
Et, quelque part, ils le font à la place des "artistes" aussi. J'ai le sentiment que ce secteur fonctionne à l'envers : l'artiste, qui devrait être le client, devient le fournisseur (un peu comme les banques, on leur fournit leur matière première, mais on est considéré comme client). Les fournisseurs de contenu, en fait, ne devraient être que des prestataires de services pour l'auteur, avec facturation.

Oui, l’image est la remarque est bonne. Effectivement, c’est comme les banques, l’argent et le crédit. Celui/celle qui est au meilleur endroit possible pour se servir et siphonner au maximum (sans faire), eh bien se sert et siphonne au maximum (et ne fait pas).

Nucua a écrit : 
Pour la musique, voici un article de David Byrne, sur comment peut faire un artiste pour vivre de sa musique (en anglais), à un moment il dit que c'est surtout sur les droits d'utilisation dans les pubs, les films, etc... que le musicien doit faire attention, c'est son plan de retraite.

http://www.wired.com/entertainment/musi ... ntPage=all

Okay, je vais lire ça plus tard… j’ai d’autres choses encore en attente, à lire et à voir déjà.

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Mar 17 Jan 2012 00:15
Message Re: Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
Il me semble que la contradiction entre le droit à la copie et la protection contre la copie résulte de deux constats.

1- Il a semblé légitime aux yeux du législateur qu'un logiciel (ou qu'un fichier quelconque) légalement acheté puisse être archivé de façon à parer une éventuelle dégradation du support original. Et cela semble tout à fait normal.

2- Il est impossible - sauf à accepter de passer pour quelqu'un ayant un sens de la propriété vraiment exagéré - de conserver à l'abri de tout le monde, l'original et la copie. Et quand bien même on le ferait, impossible également d'empêcher lors d'une réinstallation (légale) du logiciel (ou du fichier) la copie "en parallèle" de l'original sur le DD de l'utilisateur. Dans les grosses boites, ce sont les administrateurs des logiciels ou du réseau qui se chargent de ce travail. Mais ceux-là même peuvent avoir... des amis. Et être atteints de cécité partielle pendant quelques instants....

Bref cela a conduit les éditeurs à protéger le support d'origine lui-même. Il en est, mais ils sont rares, qui si on leur retourne un CD devenu illisible vous en restituent un nouveau. Mais cela entraîne une gymnastique compliquée quand il faut en plus gérer des numéros de licence.

Conclusion, la loi est bonne, mais du fait de l' indiscipline de l'utilisateur, elle est inapplicable. D'autant plus qu'à la fois et l'éditeur et l'usager se mettent hors la loi. L'un en protégeant, l'autre en copiant.

Rien à faire donc.

Et savez-vous que certains éditeurs distribuent leur production sur des CD R/W ? Ainsi on peut incrémenter un compteur placé sur le CD lui-même. Résultat, vous achetez un logiciel, et vous l'installez sur votre ordi. Celui, tombe en panne (ou le disque dur) vous réinstallez.... et pas de bol, c'est votre système d'exploitation qui dégage... Vous ré-réinstallez et là c'est le programme d'installation du logiciel qui vous traite d'escroc et vous envoie paître.

Que faire ? Surtout si votre logiciel vous a coûté quelques 500 ou 1000€.

Alors, si vous n'êtes pas doué vous-même, un petit coup de peer to peer vous fera rapidement trouver le patch aussi bienvenu que salvateur. Et ça aussi, ça me semble normal.

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Mar 17 Jan 2012 15:12
Message Re: Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
Mais qu'est ce que je suis venu faire sur ce sujet !! S’te plait, j’t’en supplie…

Sur le fond du probléme, je suis bien d'accord, la meilleure des réponses c'est le revenu universel de base et le boycott.

En fait, au début je ne voulais pas intervenir, pour la raison trés simple que les "téléchargeurs illégaux" le font parce qu'ils peuvent le faire et que la partie adverse réagit en mobilisant ses moyens [et aussi ceux de tout le monde par le biais legislatif (ce qui me les rend moins sympathiques que les autres)] parce qu'elle peut le faire également, et qu'en fin de compte l'égoïsme des uns et des autres ne m'interesse que moyennement (ceci dit sans aucun mépris hein). Par contre cet égoïsme me pourrit la vie au quotidien mais c'est une autre histoire.

Ce qui fait que finalement je suis intervenu, c'est la gratuité. On ne peut tout simplement pas la rattacher d'une façon ou d'une autre à ce sujet. Et je n'admet pas non plus que les "téléchargeur illégaux" s'en servent comme cheval de bataille dans leur argumentaire (c'est bien pour ça que j'ai bien plus d'indulgence pour ceux qui téléchargent et qui se taisent).

En fait, de mon point de vue, téléchargement illégal et gratuité sont antagonistes. Loin de faire reculer le systéme, le premier le privilegie en ce sens qu'il met en avant les marchandises et donc accentue la visibilité du secteur marchand au détriment du "secteur gratuit (??)" (qui lui le fait reculer). Par ailleurs, au niveau de l'individu, dans la plupart des cas, cela relève d'une attitude consommatrice qui arrange bien le secteur marchand également, pour une question de "formatage des esprits" j'ai envie de dire.

La gratuité, c'est tout autre chose, le rapport aux choses données n'est pas le même, et, derrière, le rapport entre les individus également. Par exemple, un couple d'amis qui cultivent eux-même leur légumes et préparent eux même leur plats m'invitent à dîner, c'est un repas qu'ils m'offrent donc gratuit. Je vais dire "dans le sauté de dinde j'aurais bien vu un peu plus d'épices"ou "dans le gateau il manque quelquechose" s'en suit une discussion sur ce qu'il manque au juste, ou sur la pertinence de rajouter plus d'épices vis à vis des goûts de tout un chacun. Eventuellement, selon le savoir des uns et des autres, on aura le droit à un cours sur les épices du monde ou sur l'histoire du sauté de dinde à travers les âges, sans oublier le cours d'agriculture sur la meilleure façon de faire pousser les courgettes. Peu importe, d'une part, le ou la cuisinière va prendre en compte les remarques pour s'ameliorer et d'autre part, le partage ne s'effectue pas que sur la chose consommée mais va bien au delà, et quant à moi je m'en léche encore les babines Hihihi! . A l'inverse, d'autres amis m'invitent, me servent des chips industrielles à l'apéritif et des plats industriels surgelés rechauffés pour le repas, il ne me viendra même pas à l'idée de discuter sur la valeur des chips ou du plat et c'est toute une partie de l'echange qui passe à la trappe parce que c'est impersonnel et que, à part : "c'est (pas) bon c'est quelle marque ?" , il n'y a pas grand chose à en dire. Il en va de même avec les marchandises piratées ou non sur internet. Si je passe un disque en soirée et que quelqu'un apprécie, il va me le dire et me demander le nom du groupe, mais quoi d'autre, à part ses goûts et ses couleurs ? Si je fais écouter une superbe composition de mon propre crû, ça élargit énormément le champs possible des discussions. D'autre part, si l'oeuvre déçoit, le recours à la position du consommateur "ça vaut pas 20 euros ou remboursez ou encore j'ai bien fait de le telecharger illegalement" n'est pas possible, il est renvoyé à lui même par rapport à cette deception.

Je suis pas trés clair en fait, à la limite je m'enlise encore plus... "essaye encore petit scarabée comme dirait l'autre" mais j'appuie sur envoyer quand même au cas où quelqu'un de magnanime comprendrais sur quoi j'essaie de mettre le doigt et l'expose clairement (et gratuitement)... on sait jamais Petit sourire
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Mar 17 Jan 2012 16:34
Message Re: Pourquoi le droit à la copie et pourquoi la protection contre la copie ?
Non, tu ne t’enlise pas, et je trouve que au contraire tu es clair. Je te rejoins sur plusieurs point, et si je te répond plus tard, ce sera tout juste pour te paraphraser à ma manière.

Tu aborde deux questions dans ce message. Il y a matière à un autre sujet ( Rougi ). Je vois plus tard comment organiser ça (c’t’important l’organisation Hihihi! ).

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Hibou57

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